J’ai rêvé d’un autre monde

J’ai vu la Une dans les journaux,
Tu sais, y a des morts à gogo,
Irma, Daech, le même combat,
Le but c’est d’t’amener au trépas.

Faut nourrir la population
La gaver du sang et des pleurs,
Bien engoncée dans son tailleur,
Pur produit de consommation.

Et ils se plaignent de tous ces drames,
Et ils ont pitié des misères,
Vas-y mais regarde tes poubelles,
Commence par faire le tri là-bas,
Le réchauffement toi tu t’en fiche,
Tout ce qui compte pour ton 20h,
C’est les infos, un bol de chips,
Sans ça tu peux même pas bander.

Prend du plaisir sur le malheur,
La Presse se meurt dans l’utopie,
Mais quand tu boufferas les racines,
Coincé dans ta boite à crédit,
T’auras droit à un p’tit article,
2 lignes pour résumer ta vie.

Mais pour les dons c’est la galère,
Il faut taxer la ménagère,
Faut pas compter sur les milliards,
Bien cachés par tous ces gens-là,
Les footballeurs et les acteurs,
Ne la connaissent pas cette odeur,
Celle de Lidl et de Primark,
D’la populace nourrit au beurre,
Et aux vêtements sans mode ni marque.

Quelle connerie cette liberté,
Qui dit que l’on peut s’exprimer,
Un matador se fait tuer,
Un chanteur veut en rigoler,
Le maire censure ça va trop loin,
Ah oui, pardon, chez les taurins,
On bande en tuant un taureau,
Tout ça déguisé en travelo.

Le sang, la bière et les machos,
Les fêtes votives et la féria,
Va pas plus loin là c’est l’Hérault,
Zone occupée par les parias.

Les gardois sont des assistés,
Drogués, alcolos à peine nés,
Irma, Daech, la belle affaire,
Macron, Le Pen, pas d’intérêt,
Faut juste cracher sur les antis (corrida),
Jouer les romains aux arènes,
S’enquiller à fond le pastis,
Et prendre du bide à la vingtaine.

Et puis y a l’gros et ses missiles,
Qui bande en jouant à la guerre,
Et y a le moche et ses répliques,
Qui croit être le roi d’la Terre,
Et tous ces gens au quotidien,
Ces hypocrites robotisés,
Ces faux amis que t’as aimés
Et qui ont emporté ta main.

Et y a les cris dans la cuisine,
Tout part en vrille dans la folie,
J’me suis vue collée au pare-brise,
Ben non tu vois toujours en vie,
Quand c’est pas l’heure y a pas de leurre,
Faut continuer son labeur,
Compter ses sous, prier sans foi,
Aimer sans faille, donner sans rien,
Pas de médaille pour tes exploits,
On n’emporte rien dans notre boite,
Faut tout laisser derrière soi.

Allez je m’en vais me coucher,
Tu sais rêver c’est tout ce que j’ai,
Mon utopie est dans ma tête,
Pas dans ces gens à la tv,
Ni dans ces livres censurés.

Je rêve de tout, je rêve de rien,
Je prends la vie, la modifie,
J’enlève les cris et tous ces pleurs,
Je laisse les joies et les sourires,
J’ajoute des noms et des visages,
J’obtiens ma bouée de sauvetage.

A propos de : Mistinguette

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