Mon enfant

Tu sais moi les enfants, j’ai jamais aimé ça
Toujours là à brailler et à se plaindre de tout ça,
Si fragile et coquin que t’y perds ton latin,
Mais toujours souriant quand ils te prennent la main.

A toi mon enfant, que j’aurai peut-être un jour,
Je t’écris ces mots là pour t’aider dans la vie,
Juste des p’tits conseils, pas de blablas inutiles,
Que j’espère tu garderas, en toi pour toujours.

Tu sais dans cette vie là, tu vas rire et pleurer,
Les joies s’ront éphémères, tu ne verras rien passer,
Les bons moments se vivent et ne se calculent pas,
Et tu kifferas la vie lors de ces instants-là,
Un jour y a le cafard et ses soirs de tristesse,
Tu repenseras sans cesse aux non-dits aux regrets,
Tu subiras ta vie comme une longue détresse,
Et tu penseras au pire coincé au fond de ton lit.

Quel que soit l’origine de tes pleures bien cachés,
Une amitié perdue, une rupture, un décès,
Laisse exploser ta peine, crie-la au monde entier,
Puis faut relever la tête et s’remettre à marcher,
Le cœur bien en avant, vas-y n’ai peur de rien,
Tu r’commenceras à rire, tu vois ça s’oublie pas,
Et même si t’y penseras, sans doute jusqu’au trépas,
Tu rigoleras un jour de tous tes mauvais pas.

Surtout mon cher enfant, choisis bien tes amis,
Ils seront là pour toi, ils s’ront comme une famille,
Les laissent pas décider de tes mots, tes pensées,
Les laissent pas te convaincre de renier tes principes,
Un ami te juge pas, il te prend comme tu es,
Et partage avec toi les plus fous des délires.

Les choisis pas en nombre, les vrais sont assez rares,
Ils t’aideront à t’relever et à soigner tes tares,
Et même quand tu s’ras con et totalement paumé
Ils seront derrière toi, toujours à te guider.

Choisis les bien comme toi ou alors opposés,
Y a pas vraiment de règles, fis toi à ton instinct,
Tu peux parler de tout ou même parler de rien,
Pas de silence gêné ou de non-dits cachés,
Les langues sont déliées au nom de l’amitié,
Tu peux tout déballer même tes plus viles pêchés.

Ne fais pas trop confiance à ces opportunistes,
A ceux qui ne sont là que pour tes réussites,
Un ami t’tend la main quand t’es au fond du trou
Il ne tient pas les comptes, il est là tous les jours.

Tu croiseras des envieux, des cons, des hypocrites,
Ai juste assez de cœur pour aider les plus faibles,
Mais protège bien ton âme de toutes ces idioties,
Ne gâche pas ta vie à être trop serviable.

Et quand tu seras prêt, choisis bien ta moitié,
C’est celle qui te rendra bien meilleur que tu ne l’es,
Apaisera tes pensées et soulagera ton âme,
Pleurera à tes côtés lors de tes plus grands drames.

Ne choisis pas trop tôt, vite fait sur un coup de tête,
Enfin ne pense pas trop, tu sais ça se calcule pas,
Faut juste un bon feeling, le reste ça ne compte pas,
Tu sais faut s’compléter, pour ne pas s’ennuyer,
Faut débattre de tout, sans aucune prise de tête,
Et puis il faut surtout que tu aimes l’embrasser.

Tu te tromperas souvent, tu sais il y a des leurres,
Amour par habitude, ne fais pas cette erreur,
Écoute seulement ton cœur et tout ce que tu ressens,
Sans même savoir, pourquoi tu vas vraiment l’aimer,
Après elle arrivera, peut-être pas au bon moment,
Si tu n’peux t’en passer, vas-y fonce tête baissée.

Oublie pas sur ton chemin, les doyens de la famille,
Ecoute bien toutes les blagues et l’histoire de Papy,
Mamie cuisinera, enchantera tes papilles,
C’est une bulle de bonheur qui éclate petit à petit.

Et puis le jour arrive où tous les rôles s’inversent,
Tu prépares la cuisine, t’essaie d’faire rire Papy,
Tu les aide à marcher, à bien faire leur lit,
Tu sais tes grands parents seront tes premiers enfants.

Et pour ce qui est du taf, vis ça avec gaieté,
Il faut que t’en choisisse un, sans réveil ni horaire,
Un métier pour triper et non pour un loyer,
Laisse pas la société t’imposer la misère.

Ne juge pas trop les gens sans connaître leur passé,
Essaie de pardonner, on peut tous déraper,
Aime bien sur sans limite, pas de quota en amour,
Et puis ris aux éclats, un peu plus chaque jour,
Ne t’énerve pas pour rien, garde ça pour l’essentiel,
Et bats-toi chaque seconde pour que ta vie soit belle.

Mon enfant, mon amour, relis bien ces pensées,
Y a pas d’formule magique dans cette putain de vie,
C’est vraiment la seule chose que j’peux faire pour t’aider,
Sache que quoiqu’il arrive j’serai là à tes côtés,
Vois-tu l’amour d’une mère s’étend à l’infini.

A propos de : Mistinguette

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