Mon monde

Mon monde n’est pas tout rose, mais viens y faire un tour,

Faudra enlever ton masque, ici pas de faux semblant,

Laisse au seuil de la porte, ta rancœur de toujours,

Accroche-toi à ma main, je t’apprendrai ma danse.

 

A toi le patriarche qui croule sous les tracas,

Je t’enlèverai des mains, l’objet de ton trépas,

Ici pas de robot, métro, boulot, dodo,

Chaque journée est unique, fixée sur une photo,

Accrochée à ce mur, socle de ton bonheur,

Qui t’empêchera chaque jour de sombrer dans l’malheur.

 

A toi la ménagère, qui s’énerve pour un rien,

Qui crie sur le mari, les gamins et le chien,

Ici tu oublieras ton saleté d’quotidien,

Dans mon monde tu verras, qu’l’essentiel dans la vie,

C’est pas une maison propre dénuée de fous rires,

Mais bien un lieu banal où on prend du plaisir,

A revenir chaque soir pour rire avec les siens.

 

A toi le jeune actif qui rame au quotidien,

Pour payer ton loyer, ta voiture et ton pain,

Balance dans une poubelle tes comptes d’apothicaires,

Tu trouveras pas l’bonheur au fond d’tes comptes bancaires,

Prend ma main, je t’amène à ces instants furtifs,

Ces moments hors du temps qu’on partage entre amis,

Qui te laisse des souvenirs et beaucoup moins d’crédits,

Où tu partage sans faille tes bêtises de la vie.

 

A toi la fille célib’ blasée de ses histoires,

Fatiguée d’endosser, au fond toujours le même rôle,

Prend ma main je t’amène, là-haut dans mon alcôve,

Tu trouveras en chemin, peut être des coups d’un soir,

Si tu veux faire l’amour et non juste coucher,

Avance en repoussant ces hommes qui t’ont laissé,

Le bon se trouve là-haut, au sommet de ta vie,

Fais gaffe c’est un poison dont je n’ai pas l’remède,

Une fois qu’t’y as goûté, ta vie sera plus la même.

 

A toi le vieux grand-père coincé dans son fauteuil,

Qui confond les années, les mois et puis les heures,

Je t’amène faire un tour sur les rails du souvenir,

Au son d’un vieux vinyle, mélodie de ton passé,

Tu revivras comme moi ces moments égarés,

Tandis qu’là en silence, j’veillerai sur la mamie.

 

A toi qui doute sans cesse de ton couple, de tes choix,

Enterre dans mon jardin la clé de ta prison,

Ne reste pas où tu es juste pour une maison,

Un crédit, l’habitude, viens je t’amène chez moi,

Tu verras qu’un chez soi c’est pas juste des briques,

C’est pas un lieu précis ni un jardin garni,

C’est un lieu irréel enfermé dans les yeux,

Les mains et tous les rires, de cette personne spéciale.

Sans trop savoir pourquoi et sans l’avoir voulu,

Tu trouveras dans son âme la maison idéale.

 

A toi l’ado paumé, le gamin éperdu,

Ne gâche pas ton enfance par des soucis d’adulte,

J’t’amènerai au grenier, berceau de l’insouciance,

Tu oublieras très vite les cris de tes parents,

La pression quotidienne des notes et des devoirs,

Te fabrique pas une corde des attentes de ce monde,

Créer ton univers imparfait, furibond,

Et là-haut tu verras tu f’ras tes propres choix,

Et tu seras seul juge de ton chemin de vie.

 

A toi le chien errant, oublié par les siens,

Laissé au bord d’la route, comme une saleté d’paria,

Ben oui tu gênes un peu l’arrivée du gamin,

Suis-moi dans mon cocon, moi je t’emmène là-bas,

Où quelque soit ton âge, ta taille et ton esprit,

Tu trouveras refuge jusqu’à la fin d’ta vie,

Quelque soit les tourments, les épreuves et les joies,

Les décisions s’ront prises en pensant bien à toi.

 

A toi l’parent solo qui se tue à la tâche,

Abandonnée et seule aux portes de la vie,

Parce qu’il n’a pas aimé tes rondeurs et ses cris,

On construit pas sa vie avec un être lâche.

Attrape avant d’entrer, cette clé du bonheur,

Elle ouvrira des portes qu’tu penseras être des leurres,

On s’habitue trop vite aux non-dits, aux écarts,

Tu verras le bonheur c’est subtil et discret,

Des mots pour apaiser et non pour insulter,

 Des gestes pour consoler et non pour faire du mal,

C’est des promesses tenues, je sais c’est irréel,

Et c’est surtout aussi, le sourire d’ton enfant,

Qui ne supportaient plus les tensions de la veille,

Qui préfèrent des parents séparés et confiants,

Qu’un couple au bord du gouffre qui terni le foyer.

 

A vous tous qui jouez cette divine comédie,

Avant d’entrer chez moi, abandonnez vos rôles,

Ici on assume tout, ses erreurs, ces non-dits,

On accepte sans ciller ses choix et idées folles,

On ôte ce putain d’voile de sa propre existence,

On joue plus à l’autruche, la vie c’est maintenant. 

Remonter le temps

Les mots sont des virus qui m’ont contaminé,

Pas de remède miracle pour guérir de ces maux,

Alors comme tous les soirs, je crache sur le papier,

Mes soucis, mes malheurs, mes joies et mes fardeaux.

 

Si j’remontais le temps, je f’rai les mêmes erreurs,

J’marcherais les deux pieds joints dans cette flaque de douleur,

Juste pour revivre un temps cet instant de bonheur,

Cette drogue qui me consume le cœur de l’intérieur.

 

J’assumerai tous mes choix, choisir c’est renoncer,

A cette vie trop banale, aux principes raisonnés,

J’veux du sable dans les ch’veux et un baiser volé,

J’veux l’éternelle folie de ces gens trop fêlés.

 

J’tomberai au même endroit, me suis toujours relevée,

J’recolle tous les morceaux, moi je sais bricoler,

Je suis jamais la même après une écorchure,

Je me retrouve toujours un p’tit peu plus tordue.

 

Bien sûr si je pouvais ramener à la vie,

Tous ces cons disparus qui m’ont rendu fragile,

J’te f’rais un demi-tour sans penser à demain,

Pour dans leurs dernières heures, les tenir par la main.

 

Tu sais j’connais par cœur les allées du cimetière,

L’emplacement de chacun sur ce plan mortuaire,

J’revivrai ébranlée ces journées de l’enfer,

Tu sais ça s’apprend pas, l’adieu d’un être cher.

 

J’retournerai vivre là-bas, tu sais chez les aïeux,

L’atmosphère de l’Espagne coule dans mes veines bleues,

L’insouciance de l’été vécue avec le frère,

Je suis d’venue addict de ces joies éphémères.

 

J’irai les yeux fermés aux fiestas familiales,

L’odeur de ces instants n’a rien de comparable,

Le temps n’existait plus, tu sais, pas comme ici,

Les tensions d’aujourd’hui émèchent ces souvenirs.

 

Je recroiserai la route de ce con bien trop fière,

J’lui dirai pas merci mais je le laisserai faire,

Le monde que je voyais, il a tout fissuré,

Je me suis renfermée car j’y voyais plus claire.

 

Je n’oserai toujours pas certains actes ni pensées,

Je suis née bien tarée mais me suis trop soignée,

La folie, les éclats on m’les a interdit,

Tant mieux j’l’aurai été avec des vrais tocards,

Aujourd’hui j’ai enfin trouvé tous ces gens-là,

Qui acceptent sans égard le tréfond de ma folie.

 

J’me retourne bien trop souvent, j’regarde trop en arrière,

La nostalgie putain, ça je n’peux rien y faire,

J’crois pas qu’la vie sera mieux que celle vécue hier,

Et ce bonheur passé fout l’cafard en hiver.

 

Mes pas m’ont amené là où j’n’espérais plus,

Pourtant au fil du temps, l’essentiel change de camp,

Et la ligne d’arrivée, putain, a disparu,

Derrière ce mur humain que j’croyais loin devant.

 

Mais j’l’ai touché du doigt cette putain de banderole,

On m’la arraché de force, tu sais, j’ai vacillé,

J’ai failli arrêter cette sale course effrénée,

J’avais mal en dedans, à en devenir folle.

 

J’ai relevé la tête, j’ai une blessure de plus,

Celle-ci ne guérit pas, c’est une plaie bien ouverte,

Elle suinte les soirs d’été et les nuits de pleine lune,

J’ai pas trouvé la colle pour combler cette perte.

 

J’le regarde bien d’en bas, ce mur enterré là,

J’ai plus vraiment la force de sauter par-dessus,

J’préfère m’appuyer d’ssus, regarder le passé,

Car c’est là que se trouve ma très chère odyssée,

Je veux pas perdre de vue, ces purs moments d’extase,

Tu sais j’suis pétrifiée, j’ai peur qu’ils reviennent plus.

 

Je préfère attendre une voix ou bien une main tendue,

Même si je veux que ce soit cette personne du passé,

Je tends quand même l’oreille, ben oui, on sait jamais

 

Peut-être qu’un jour ou l’autre, elle franchira le mur.

Une vie, un choix

Une odeur, un geste, un visage,

Une sensation au creux des reins,

Le vertige qui devient mirage,

Le bonheur remit à demain.

Mais demain sera p’t’être plus là,

La vie prend et jette c’est ainsi.

Regarde donc la mamie là-bas,

Aïeul divin de notre vie,

Que nenni son ancien boulot,

Disparues ses amies d’antan,

Il ne lui reste que ses enfants,

Pas toujours là, souvent absents.

Dans ces moments de dur labeur,

Où elle fait que compter les heures,

Que reste-t-il de son bonheur,

Si ce n’est lui dans son fauteuil,

Co-équipier même dans le deuil,

Sa main tu vois n’a pas changé,

Grande et calleuse comme dans l’passé,

Les sensations restent inchangées,

Quand jamais tu ne cesses d’aimer.

La vie à deux c’est l’aventure,

Le but de cette putain de vie.

Mamie me dit, surtout sois sure,

De vieillir avec un ami,

Un confident et un amant,

De rire aux éclats tout le temps,

D’aimer chaque soir le retrouver,

L’enlacer dans votre foyer.

Mamie me dit y a pas d’efforts,

Ça doit couler comme l’essentiel,

Pas d’importance le matériel,

Tu l’emport’ras pas dans la mort.

Tu sais dans tes dernières années,

Vous s’rez que deux à tout gérer,

Ne les gâche pas à t’engueuler,

A ruminer et à crier.

Mamie me dit gâche pas ta vie,

A épouser un imbécile,

Et si un jour tu veux partir,

Ma p’tite vas-y fais tes valises,

Laisse-le ce con et sa fierté,

Tu sais le bon il s’invente pas,

Il s’imposera dans ton sillage,

Et jamais tu penseras le quitter.

Quand je demande à la mamie,

Le résumé de toute sa vie,

Elle me répond toujours « c’est lui ».

Avant rien n’avait d’importance,

Juste une période, un avant-goût,

A cette folie qu’est l’amour fou,

L’essence de l’âme et de la vie.

Après lui… bah… quelle importance,

Quand on perd son ami de cœur,

Son amant fort, son protecteur,

La vie est dans l’dernier chapitre

Et tu survis grâce aux souvenirs.

Quand je la regarde la mamie,

Tenir la main du vieux papy,

Il se créé comme une alchimie.

Deux âmes en paix se sont trouvées,

Et après ces 60 années,

A s’aimer trop et à sourire,

Ils entament en étant serein,

 

Le chapitre avec le mot fin.

Je ne regrette rien

Non rien de rien,
Non, je ne regrette rien,
Ni les mots oubliés,
Les promesses, tout ça m’ait bien égal.

Non rien de rien
Non, je ne regrette rien,
Le passé, enterré, oublié,
J’ai fini d’espérer.

Avec mes souvenirs,
J’ai pleuré toutes les nuits,
Tous ces mots qu’on me dit,
Ne tombe pas dans l’oubli.

J’ai encaissé toujours,
Les non-dits, les bavards,
Ils pensaient pas à mal,
J’ai le cœur bien trop mou.

Avec leurs étincelles,
Ils m’ont rendu plus belle,
J’ai rêvé d’l’éternel,
Protégée par leurs ailes.

J’ai gardé en silence,
Mes pensées, mes tourments,
Inutile d’être deux,
A être malheureux.

Il suffit de sourire,
De prêcher leurs paroles,
De jouer la frivole,
Et je deviens souvenir.

Je garde au fond de moi,
En secret dans le noir,
Leurs mots et leurs regards,
Les blessures de mon âme.

Non rien de rien,
Non, je ne regrette rien,
Ni les mots prononcés,
Les attentes, tout ça m’ait bien égal.

Non rien de rien
Non, je ne regrette rien,
Le passé, envolé, éjecté,
J’ai fini de rêver.

Avec mes souvenirs,
J’ai recréé ma vie,
Revécu tous ces rires,
Cachée au fond d’mon lit.

Ces vrais jeux de gamins,
Là avec le cousin,
J’y pense tous les matins,
Oubliant son destin.

J’évite d’imaginer,
Son geste désespéré,
Mais l’imagination,
Est pire qu’une possession.

Je revois toutes ces larmes,
Et ces tombes bien fleuries,
J’y vais les yeux hagards,
Et les mains toujours vides.

Le sourire du tonton,
Sa gentillesse innée,
C’est gravé là au fond,
De mon cœur éploré.

Je vais pas à l’église,
Prier pour un martyr,
Je crois pas à ce Dieu,
Je ne crois qu’aux adieux.

Je brandirai la croix,
Si c’est ta religion,
Mais j’le ferai qu’une fois,
En ce jour d’abandon.

Non rien de rien,
Non, je ne regrette rien,
Ni les tombes oubliées,
Les prières, tout ça m’ait bien égal.

Non rien de rien
Non je ne regrette rien,
Le passé, c’est réglé, enfermé,
J’ai fini de pleurer.

L’insouciance je l’envi,
On pense trop aujourd’hui,
Faut vivre sans réfléchir,
Et ne pas que survivre.

Faut rire comme des gamins,
Crier tous nos chagrins,
Insulter tous ces cons,
Aimer dans l’abandon.

J’ai ri avec ceux-là,
Ces amis d’autrefois,
Je pense à nos débâcles,
A ces instants d’émoi.

Ces soirées mouvementées,
Ces moments de connerie,
Ni futur ni passé,
On profite de la vie.

Des pleurs et puis des cris,
Avec tous ces amis,
Certains ont disparu,
D’autres sont seulement perdus.

Le temps a confirmé,
Les vrais, les essentiels,
Le temps a éloigné,
Tous ces superficiels.

Sans eux j’aurai sombré,
Ils sont comme un pilier,
Ils m’aident à me relever,
A balayer l’passé.

Présents quand j’ai pêché,
Jamais ils m’ont jugé,
J’ai bu tous leurs conseils,
Pour trouver le sommeil.

Non rien de rien,
Non, je ne regrette rien,
Ni les rires oubliés,
Les absents, tout ça m’ait bien égal.

Non rien de rien
Non, je ne regrette rien,
Car ma vie, malgré tout, malgré toi,
Je l’aime à en mourir.

Ne me quitte pas

Ne me quitte pas

Viens refais surface,

Oui toi le papé,

Que j’ai tant aimé.

Souviens-toi d’avant,

Du jardin d’antan,

Des roses éphémères,

Et du chien pépère.

Ne me quitte pas,

Pitié n’oublie pas

Ces soirées d’hiver

Près d’la cheminée,

D’une tisane amère,

Du son d’la télé.

Mais moi c’que j’préfère

C’est tous ces repas,

A faire les commères,

Sur tous ces gens-là,

A parler d’l’actu,

Et du Président,

Du voisin barbu,

D’la mère trop collante.

Ne me quitte pas

Reste encore un peu,

Là je ne peux pas

Te dire mes adieux.

Parle-moi encore

Très cher paysan,

De ta vie aux champs,

De tes amis morts,

Des secrets gardés

Au fil des années,

De ce que tu ressens,

Coincé en dedans,

Je vois dans tes yeux,

Que tu m’reconnais,

Mais les mots sortent peu

Depuis une année.

Ne me quitte pas

Souviens-toi pépé,

De ton potager,

Des parties de carte

De ton poulailler,

Du jeu d’la pétanque,

De ces jeux d’enfants,

Pour combler l’été,

De ces apéros

Avec la famille,

Et de tous ces mots

Qu’aujourd’hui t’oublient.

Ne me quitte pas

Me laisse pas ici,

Avec la Mamie

Qui craint ton trépas,

Ne pars pas si vite

Moi j’ai pas fini,

De construire ma vie

D’te dire mes soucis.

Je l’ai pas choisi,

L’amour de ma vie,

Tu peux pas partir,

Sans m’dire ton avis.

J’ai pas de maison

Sans vraiment d’raison,

Ne pars pas avant

Que j’ai un enfant.

Ne me quitte pas,

Moi je resterai là

A te regarder

Sourire et penser,

Je te parlerai

De tout et de rien

J’te prendrai la main

Et te soutiendrai

Quelques heures chaque jour

Je me tiendrai là

Je chanterai tout bas

Ces chansons d’amour,

Ces chants d’Édith piaf

Et du cher Sardou.

En chœur avec vous,

Ils chantent avec tact

Ces deux bénévoles

Qui vendent de la joie

Par leurs idées folles

Sous ce putain d’toit.

Ne me quitte pas

J’y arriverai pas,

Attends que quelqu’un

Puisse me prendre la main.

Ne me quitte pas

Je ne suis pas prête

A tourner la page

A t’voir au cimetière.

Ne me quitte pas,

Et si tu parles pas,

Continue de rire,

De me regarder,

Et puis de sourire

Quand y a la mémé.

Confession

Viens déposer tes songes à la table du mensonge,
Viens cracher sur leurs tombes à la table du pardon,
Viens pleurer tes regrets à la table des non-dits,
Et viens rire avec moi à la table de la vie.

A la force des mots je consolerai ton âme,
J’écouterai tes déboires et tes plus grands fracas,
Tes actes et tes pensées vas-y déballe moi tout,
J’répare les âmes meurtries et même les plus maboules.

Raconte moi l’enfer du tourbillon de la vie,
La routine mortuaire que tu t’impose chaque jour,
Un gosse, une femme, un chien et bien sur le crédit,
Viens vomir à ma table ton rôle de patriarche,
Avant qu’une corde nouée s’attache à ton vieux cou.

A toi qui cri souvent, qui poursuit le combat,
Manifestant dans l’âme, tu aides les opprimés,
Viens cracher à ma table ton dégoût des parias,
Et je lèverai pour toi le drapeau liberté.

Vieille grand-mère délaissée que le temps assassine,
Les heures s’écoulent au rythme d’une vie fade et ternie,
Viens chanter à ma table les louanges du passé,
Je conterai avec toi tes amours tant rêvés.

Toi l’enfant délaissé qui vis une pénitence,
Ta bataille c’est la vie qui t’met sans cesse une gifle,
Je t’emmènerai de force à la table de l’enfance,
Et t’aura mal au bide d’avoir beaucoup trop ri.

Toi l’ado dépressif qui enchaîne les déboires,
Tu pense avoir compris les tréfonds de l’abîme,
Viens avant faire un tour à ma table de l’espoir,
Tu comprendras très vite que tu n’as rien compris,
Et que la vie jamais, n’est totalement acquise.

Mère célibataire qui survie tel un fantôme,
Métro, boulot, dodo sans oublier le môme,
Viens pleurer à ma table tes larmes d’infanticide,
Je te donnerai le mouchoir dédié aux héroïnes.

Un amour difficile, une amitié perdue,
Crache, vomi, mais à l’intérieur ne laisse rien,
Une envie d’en finir, un parent disparu,
Accroche toi à mes mains, je te pousserai vers demain.

La vie donne 1000 raisons de partir pour de bon,
Je t’en balancerai 100 pour rester dans ce monde,
Surtout n’ai peur de rien, mon âme encaisse et gère,
Mon cœur tout dévoué s’ra pendu à tes lèvres.

Allez cri ton ras le bol, j’t’écouterai en silence,
Vas-y pleure ton chagrin, je prierai pour les absents,
Si ta vie te déprime, je t’emmènerai loin d’ici,
Et si tu veux simplement rire à l’infini
Ne sois pas égoïste, la joie elle se partage,
Viens toquer à ma porte pour alléger mon âme.

Ré adaptation de [Ces gens là – J.Brel]

D’abord il y a l’aîné

Lui qu’on ne comprend pas

Lui qui ne fait plus semblant

Lui qui sait plus son nom

Monsieur tellement qu’il écrit

Ou tellement qu’il travaille

 Qui fait tout à la fois

 Mais lui qui n’en peut plus

 Lui qui est complètement cuit

 Mais qui reste mon roi

 Qui se torture toutes les nuits

 Avec des idées noires

 Mais qu’on retrouve matin

 Admirant ses gamins

 Cherchant la prochaine connerie

 Qu’il pourra leur apprendre

 Et puis qui s’fait engueuler

 Par sa femme qui attend

 Faut vous dire Monsieur

 Que chez ce gars-là

 On ne pense pas Monsieur

 On ne pense pas, on joue

 

 Et puis, il y a l’autre

Aussi tordue qu’son frère

 Mais que j’aime tout autant

 Qui s’montre grande gueule comme une teigne

 Alors qu’elle donnerait sa chemise

 A des pauvres gens heureux

 Qui s’est marié comme une reine

 Qui a fait deux enfants

 Mais qui est toujours un enfant

 Et que c’est pas fini

 Qui essaye de se soigner

 Avec ses vieux patients

 Avec ses petites huiles

 Avec sa petite psy

 Qui devrait juste être elle même

 Mais qui veut être « normale »

 Faut pas jouer les faibles

Quand on a les moyens de donner l’exemple

 Faut vous dire Monsieur

 Que chez cette fille -là

 On ne vit pas Monsieur

 On ne vit pas, on essaye…

 

 Et puis, il y a les autres

 La mère qui ne dit rien

 Qui est heureuse enfin

 Mais du soir au matin

 Elle se fait du souci

 Et dans sa nouvelle maison

 Il y a des souvenirs du passé

 Qu’elle aurait dû laisser à la cave

 Et qui regarde ses enfants

 Mais ne dis toujours rien

 A part des grands Pffff

 A part des grands Pffff

 

 Et puis il y a la toute p’tite

 Qu’en finit pas de danser

 Et qu’on a peur qu’elle grandisse

Car on va devoir parler

Mais moi j’lui parlerai

 De ce qu’elle a fond d’elle

 Faut vous dire Monsieur

 Qu’avec cette fille là

 On ne cause pas Monsieur

 On ne cause pas, on admire

 

 Et puis et puis

 Et puis il y a ma Vie

 Qui ne demande qu’à avancer

 Et qui a mal commencé

 Mais moi j’aime ma vie

 Même que j’me dit souvent

 Que j’aurai une maison

 Avec des tas de fenêtres

 Avec presque pas de murs

 Et que j’vivrai dedans

 Et qu’il fera bon y être

 Et que si c’est pas sûr

 C’est quand même peut-être

 Parce que les autres veulent pas

 Parce que tu ne voulais pas

 Les autres ils disent comme ça

 Qu’ce serait trop beau pour moi

 Que je suis tout juste bonne

 A vivre tes combats

 Moi j’aime pas les combats

 Ou alors c’était avant

 Ou bien je veux oublier

 Mais avec leurs textes j’peux pas

Avec leurs conversations j’peux pas

 Parfois quand on se voit

 Semblant que c’est pas exprès

 Avec leurs yeux mouillants

 Ils disent que t’es parti

 Mais on ne t’a pas suivi

 Alors pour un instant

 Pour un instant seulement

 Alors moi j’y crois Monsieur

 Pour un instant

 Pour un instant seulement

 Parce que chez moi

 Monsieur on ne fuit pas

 On ne s’en va pas Monsieur

 On ne fuit pas

 Mais il est tard Monsieur

 

 Il faut que je rentre chez moi

 

Présentation

Raconter ma vie c’est pas mon délire,
J’prefere écouter les autres parler Quand c’est mon tour j’prefere fuir Pourtant j’ai dans l’coeur pas mal à déballer

J’ai passé des centaines d’heures à écrire
Tout ce que je n’oserais jamais raconter
Hors de question de me faire lire Même à ceux qui prétendent m’aimer

Pas besoin de cachtons ni de thérapies
Quand tu trouves la solution avec les mots
Pas besoin d’emmerder les gens avec tes soucis
Quand tu cherches la solution à tous tes maux

J’aime ma vie j’ai des enfants
Je bosse pour leur offrir une vie dont j’ai rêvé
C’est ça le but quand t’es parents
En échange ils m’ont guérit d’mon passé

J’ai un mari qui vaut de l’or
Il m’a fait connaître l’amour sans conditions
Il m’a appris que tout l’monde peut être fort
Il m’aide à répondre à toutes mes questions

La vie c’est conjuguer sa vie
Avec les blessures du passé
Peu importe ta ville, ton pays
On essaie tous de se dépasser

Voilà mes quelques lignes d’écriture Pour pouvoir me présenter
J’ai trouvé sympa de tenter cette aventure
Merci prose café