Ne me quitte pas

Ne me quitte pas

Viens refais surface,

Oui toi le papé,

Que j’ai tant aimé.

Souviens-toi d’avant,

Du jardin d’antan,

Des roses éphémères,

Et du chien pépère.

Ne me quitte pas,

Pitié n’oublie pas

Ces soirées d’hiver

Près d’la cheminée,

D’une tisane amère,

Du son d’la télé.

Mais moi c’que j’préfère

C’est tous ces repas,

A faire les commères,

Sur tous ces gens-là,

A parler d’l’actu,

Et du Président,

Du voisin barbu,

D’la mère trop collante.

Ne me quitte pas

Reste encore un peu,

Là je ne peux pas

Te dire mes adieux.

Parle-moi encore

Très cher paysan,

De ta vie aux champs,

De tes amis morts,

Des secrets gardés

Au fil des années,

De ce que tu ressens,

Coincé en dedans,

Je vois dans tes yeux,

Que tu m’reconnais,

Mais les mots sortent peu

Depuis une année.

Ne me quitte pas

Souviens-toi pépé,

De ton potager,

Des parties de carte

De ton poulailler,

Du jeu d’la pétanque,

De ces jeux d’enfants,

Pour combler l’été,

De ces apéros

Avec la famille,

Et de tous ces mots

Qu’aujourd’hui t’oublient.

Ne me quitte pas

Me laisse pas ici,

Avec la Mamie

Qui craint ton trépas,

Ne pars pas si vite

Moi j’ai pas fini,

De construire ma vie

D’te dire mes soucis.

Je l’ai pas choisi,

L’amour de ma vie,

Tu peux pas partir,

Sans m’dire ton avis.

J’ai pas de maison

Sans vraiment d’raison,

Ne pars pas avant

Que j’ai un enfant.

Ne me quitte pas,

Moi je resterai là

A te regarder

Sourire et penser,

Je te parlerai

De tout et de rien

J’te prendrai la main

Et te soutiendrai

Quelques heures chaque jour

Je me tiendrai là

Je chanterai tout bas

Ces chansons d’amour,

Ces chants d’Édith piaf

Et du cher Sardou.

En chœur avec vous,

Ils chantent avec tact

Ces deux bénévoles

Qui vendent de la joie

Par leurs idées folles

Sous ce putain d’toit.

Ne me quitte pas

J’y arriverai pas,

Attends que quelqu’un

Puisse me prendre la main.

Ne me quitte pas

Je ne suis pas prête

A tourner la page

A t’voir au cimetière.

Ne me quitte pas,

Et si tu parles pas,

Continue de rire,

De me regarder,

Et puis de sourire

Quand y a la mémé.

Las Flores

Il était un jour, il était une nuit,

C’était votre tour, chère ville Gaudi,

Au réveil, au couché, on était là

Admirant la diversité, de La Rambla.

Pour notre dernier jour, On a eu le droit à un malus,

Ce n’était pas notre tour, nous on a pris le bus.

 

Les pieds dans le sable, le monde s’affole, que pasa ?

Oh putain merde, c’est bien un attentat.

Il faut se mettre à l’abri

Et appeler le consulat

Mais ici c’est la survie

Faut pas rêver, il ne décroche pas.

 

Le peuple est solidaire, et les gens s’aiment,

Pendant que tu fais la guerre, et que des gens saignent.

Je ne ferai pas d’amalgame, toutes les couleurs se serrent dans les bras,

Nous n’avons pas la même arme, et c’est la notre qui gagnera.

 

De ce que j’ai vu et vécu une chose me guérira

Quand je verrai que c’est ton sang qui coulera

Mon corps est en France, ma tête à Barça,

Oui j’ai eu de la chance, j’pense à ceux pour qui ce n’est pas l’cas.

 

Barcelone, dans ce drame tu as su garder

Ton calme, tes sourires et ta solidarité

On ne s’arrête pas de vivre on va même bien continuer

Notre amour est éternel, toi tu finiras par crever…

Confession

Viens déposer tes songes à la table du mensonge,
Viens cracher sur leurs tombes à la table du pardon,
Viens pleurer tes regrets à la table des non-dits,
Et viens rire avec moi à la table de la vie.

A la force des mots je consolerai ton âme,
J’écouterai tes déboires et tes plus grands fracas,
Tes actes et tes pensées vas-y déballe moi tout,
J’répare les âmes meurtries et même les plus maboules.

Raconte moi l’enfer du tourbillon de la vie,
La routine mortuaire que tu t’impose chaque jour,
Un gosse, une femme, un chien et bien sur le crédit,
Viens vomir à ma table ton rôle de patriarche,
Avant qu’une corde nouée s’attache à ton vieux cou.

A toi qui cri souvent, qui poursuit le combat,
Manifestant dans l’âme, tu aides les opprimés,
Viens cracher à ma table ton dégoût des parias,
Et je lèverai pour toi le drapeau liberté.

Vieille grand-mère délaissée que le temps assassine,
Les heures s’écoulent au rythme d’une vie fade et ternie,
Viens chanter à ma table les louanges du passé,
Je conterai avec toi tes amours tant rêvés.

Toi l’enfant délaissé qui vis une pénitence,
Ta bataille c’est la vie qui t’met sans cesse une gifle,
Je t’emmènerai de force à la table de l’enfance,
Et t’aura mal au bide d’avoir beaucoup trop ri.

Toi l’ado dépressif qui enchaîne les déboires,
Tu pense avoir compris les tréfonds de l’abîme,
Viens avant faire un tour à ma table de l’espoir,
Tu comprendras très vite que tu n’as rien compris,
Et que la vie jamais, n’est totalement acquise.

Mère célibataire qui survie tel un fantôme,
Métro, boulot, dodo sans oublier le môme,
Viens pleurer à ma table tes larmes d’infanticide,
Je te donnerai le mouchoir dédié aux héroïnes.

Un amour difficile, une amitié perdue,
Crache, vomi, mais à l’intérieur ne laisse rien,
Une envie d’en finir, un parent disparu,
Accroche toi à mes mains, je te pousserai vers demain.

La vie donne 1000 raisons de partir pour de bon,
Je t’en balancerai 100 pour rester dans ce monde,
Surtout n’ai peur de rien, mon âme encaisse et gère,
Mon cœur tout dévoué s’ra pendu à tes lèvres.

Allez cri ton ras le bol, j’t’écouterai en silence,
Vas-y pleure ton chagrin, je prierai pour les absents,
Si ta vie te déprime, je t’emmènerai loin d’ici,
Et si tu veux simplement rire à l’infini
Ne sois pas égoïste, la joie elle se partage,
Viens toquer à ma porte pour alléger mon âme.

Ré adaptation de [Ces gens là – J.Brel]

D’abord il y a l’aîné

Lui qu’on ne comprend pas

Lui qui ne fait plus semblant

Lui qui sait plus son nom

Monsieur tellement qu’il écrit

Ou tellement qu’il travaille

 Qui fait tout à la fois

 Mais lui qui n’en peut plus

 Lui qui est complètement cuit

 Mais qui reste mon roi

 Qui se torture toutes les nuits

 Avec des idées noires

 Mais qu’on retrouve matin

 Admirant ses gamins

 Cherchant la prochaine connerie

 Qu’il pourra leur apprendre

 Et puis qui s’fait engueuler

 Par sa femme qui attend

 Faut vous dire Monsieur

 Que chez ce gars-là

 On ne pense pas Monsieur

 On ne pense pas, on joue

 

 Et puis, il y a l’autre

Aussi tordue qu’son frère

 Mais que j’aime tout autant

 Qui s’montre grande gueule comme une teigne

 Alors qu’elle donnerait sa chemise

 A des pauvres gens heureux

 Qui s’est marié comme une reine

 Qui a fait deux enfants

 Mais qui est toujours un enfant

 Et que c’est pas fini

 Qui essaye de se soigner

 Avec ses vieux patients

 Avec ses petites huiles

 Avec sa petite psy

 Qui devrait juste être elle même

 Mais qui veut être « normale »

 Faut pas jouer les faibles

Quand on a les moyens de donner l’exemple

 Faut vous dire Monsieur

 Que chez cette fille -là

 On ne vit pas Monsieur

 On ne vit pas, on essaye…

 

 Et puis, il y a les autres

 La mère qui ne dit rien

 Qui est heureuse enfin

 Mais du soir au matin

 Elle se fait du souci

 Et dans sa nouvelle maison

 Il y a des souvenirs du passé

 Qu’elle aurait dû laisser à la cave

 Et qui regarde ses enfants

 Mais ne dis toujours rien

 A part des grands Pffff

 A part des grands Pffff

 

 Et puis il y a la toute p’tite

 Qu’en finit pas de danser

 Et qu’on a peur qu’elle grandisse

Car on va devoir parler

Mais moi j’lui parlerai

 De ce qu’elle a fond d’elle

 Faut vous dire Monsieur

 Qu’avec cette fille là

 On ne cause pas Monsieur

 On ne cause pas, on admire

 

 Et puis et puis

 Et puis il y a ma Vie

 Qui ne demande qu’à avancer

 Et qui a mal commencé

 Mais moi j’aime ma vie

 Même que j’me dit souvent

 Que j’aurai une maison

 Avec des tas de fenêtres

 Avec presque pas de murs

 Et que j’vivrai dedans

 Et qu’il fera bon y être

 Et que si c’est pas sûr

 C’est quand même peut-être

 Parce que les autres veulent pas

 Parce que tu ne voulais pas

 Les autres ils disent comme ça

 Qu’ce serait trop beau pour moi

 Que je suis tout juste bonne

 A vivre tes combats

 Moi j’aime pas les combats

 Ou alors c’était avant

 Ou bien je veux oublier

 Mais avec leurs textes j’peux pas

Avec leurs conversations j’peux pas

 Parfois quand on se voit

 Semblant que c’est pas exprès

 Avec leurs yeux mouillants

 Ils disent que t’es parti

 Mais on ne t’a pas suivi

 Alors pour un instant

 Pour un instant seulement

 Alors moi j’y crois Monsieur

 Pour un instant

 Pour un instant seulement

 Parce que chez moi

 Monsieur on ne fuit pas

 On ne s’en va pas Monsieur

 On ne fuit pas

 Mais il est tard Monsieur

 

 Il faut que je rentre chez moi

 

Sans dire un mot

Mes biens chers frères, ma bien chère soeur,

Vos textes sont remplis de rancoeur

Entre lesnlignes on voit la lueur

De ce qui se cache dans vos coeurs

 

De vous lire, Moi j’ai choisi

D écrire, j’ai pas toujours envie

Ou je ne me sens pas capable

Car j’ai toujours perdu au Scrabble

 

Si j essayais de ne pas

Critiquer tous vos combats

Si j assumais seulement

De vous ressembler par moment

 

Vous choisissez de poser des mots

Moi je choisi de penser

Vous laissez place à l impro

Moi j’ai besoin de me projeter

 

Vous construisez votre futur

En pensant toujours au passé

Un nouvel avenir c est pas si dur

Fermez la porte jetez je clé

 

J analyserai vos textes, à vous

Je continuerai d penser que vous êtes fous

Ça m permettra de savoir, ce que vous pensez

Et de garder l espoir, de vous sentir libérés

Du bien, du mal, Je ne dirai rien

Sans dire un mot, j ferai mon chemin