Pauvre Année

Pauvre année!

Au cours de la soirée, mon portable fatigué
A fini par s’éteindre et rien pour le charger
M’empêchant ainsi à minuit de vous contacter
Pour vous souhaiter à tous une belle année

Mais rappelez-vous l’époque où on ne pouvait pas s’appeler
Ni poster sur Facebook, ni Tweeter, ni textoter
On prenait le temps d’écrire, on s’envoyait des cartes
On avait le sourire, quand on ouvrait la boîte

On attendait de se voir pour présenter nos vœux
On avait encore l’espoir qu’un jour ça irait mieux

Elles nous ont fait couler toutes ces inventions
Elles ont créé un monde de connexions
Elles programment l’homme à devenir plus con
Elles endorment sa réflexion pour qu’il devienne mouton

Retrouve ton esprit critique et retrouve la raison
Change de politique, c’est bientôt les élections
Va mettre dans l’urne tes plus belles résolutions
La mienne est commune, c’est la révolution

On a tous levé nos verres hier
Milliardaires, actionnaires ou populaires
On a zappé quelques secondes qu’aujourd’hui c’est la guerre
On a zappé notre monde on a oublié la misère

On a tous bu, chanté, dansé et mangé
Pendant que d’autres se faisaient fusillés
On a même du mal aujourd’hui à digérer
Alors que d’autres ont faim à en crever

Mais sans remord aujourd’hui tout le monde dort
Le temps de penser est mort, ça demande trop d’effort
On préfère se regarder le nombril, et se remplir la panse
On se fou des elles et ils tant que le je avance

C’est sûrement hypocrite car j’ai trinqué aussi
Mais c’est quand je suis ivre que j’oublie cette folie
C’est quand je me sens vivre que je crois à la vie
Quand je n’y croirai plus, ce sera de l’euthanasie

Bonne année de tracas de fracas et de misère
Bonne santé de tabac d’alcool et de grippe aviaire
Retrouvons le chemin, prenons la bonne route
On veut tous le bien, ça ne fait aucun doute
Serrons nous les mains même si tout seul on va plus vite
Redevenons humain ensemble on va plus loin…

 

 

7 ans déjà

 

J’me levais d’une nuit blanche qui précéderait des journées noires

Des heures durant tu m’as déversé tes souffrances et tu m’as vomi ton désespoir

C’était pourquoi ? Que je te retienne ou que je te laisse partir ?

Je ne savais pas, je t’ai laissé faire sans agir…

 

J’ai pris mon petit-déjeuner pendant que t’achetais l’arme de ton crime

Tu m’as rappelé pour t’excuser et me souhaiter une journée sublime

Tu m’as parlé de mon bébé, je sentais ses petits pieds rebondir

Dans quelques semaines il sera né, dans quelques secondes t’allais mourir…

 

Putain t’aurais pas dû appeler, t’aurais pu t’abstenir

Tu savais que la culpabilité m’empêcherait de te haïr

C’était voulu avoue tu savais que je m’en voudrais toute ma vie

Mais t’avais tant crié au loup, je n’ai pas cru qu’il était cette fois dans la bergerie…

 

T’as pas eu honte, appeler ta fille enceinte ?

Tu voulais régler tes comptes avec les fausses saintes ?

La putain qui a bousillé ton enfance

Ces fils de chiens qui ont volé ton innocence…

 

T’aurais pu inverser la tendance, faire basculer la balance

Créer ta propre chance, c’est ça la résilience

Y’avait pas que des sorcières et des mauvaises mères

Y’avait aussi des fées bleues, qui te voulaient heureux…

 

Elles t’ont tendu leurs mains pour rétablir le bien

Elles t’ont même tendu leurs joues pour encaisser tes coups

Elles t’aimaient tellement qu’elles t’ont donné des enfants

Elles ont même supporté que le prince charmant se transforme en méchant…

 

Tu leur as fait croire qu’elles te devaient tout

Alors que tu les as fait vivre à genoux

T’as brisé leur indépendance et leur confiance

Tu les as fait vivre dans la peur et dans la méfiance…

 

Tu sais qu’elle aurait pu dévier la direction

Si tu avais cru à de nouveaux horizons

T’as préféré te complaire dans une reproduction

Et pourtant t’étais loin d’être con…

 

Pour nous tes mômes tu étais notre héros

Dôle, intelligent, brillant et beau

Ca suffisait à soigner nos bobos

Même si c’est toi qui nous les faisais avec tes gestes et tes mots…

 

Tes blessures à toi étaient bien plus intenses

C’est sûrement pour ça qu’on supportait en silence

On voulait te guérir on voulait te soigner

Et surtout pas noircir ton masque en société

 

Tu suscitais malgré tout beaucoup d’admiration

T’étais doué j’avoue pour donner l’illusion

On te pensait bon père on te voyait briller

Nous on supportait tes hivers en attendant tes étés

 

Cette saison elle a fini par arriver

Trop tard ou trop tôt c’était un été meurtrier

C’est pas vraiment comme ça que je l’avais imaginée

Il y a des choses qu’on ne maîtrise pas, il faut bien l’accepter

 

Mais même en été, il y a des orages

Quand on les laisse éclater, ça fait des ravages

Faut combattre tous les jours pour chasser les nuages

Est-ce que mon navire est assez lourd pour éviter le naufrage?