365 jours

L’année commence toujours par une méga fiesta,

On danse on s’bourre la gueule même avec les parias,

On crache sur le passé, on oublie même demain,

L’ivresse du nouvel an semble vraiment sans fin.

 

Et quand le jour se lève, tu vois rien n’a changé,

A toi le salarié qui trime toujours pour rien,

Continue de ranger tes satanés rayons,

Le peuple se shoote l’esprit à la consommation.

 

Et on enlève ces arbres décorés avec soin,

Les rues deviennent lugubres dans le froid du matin,

On déambule sans rêve, on débranche son cerveau,

La peur nous prend aux tripes d’finir dans l’ caniveau.

 

Dans cet hiver sans fin vient la saint valentin,

Des fleurs et des bijoux, sans oublier le resto,

Moutonnerie de l’amour qu’on impose aux crétins,

Et qui paieront 6 mois le crédit d’leurs cadeaux.

 

Célibataire t’as plus qu’à mater la télé,

Ou à t’ choper une blonde dans ces putains d’soirées,

Console ta solitude avec de faux baisers,

Et crache sur tous ces couples qui croient vraiment s’aimer.

 

Société de fous qui stigmatise le célibat,

Soyez maqués et puis surtout faites plein d’enfants,

Moi je rigole et puis je pleure sur tous ces gens,

Qui ne vont s’aimer qu’à moitié jusqu’au trépas,

Pas d’intérêt d’aimer seulement un jour sur deux,

Faut prendre le risque d’être avec celle qui t’coupe le souffle,

Quel désespoir d’acheter l’bonheur deux francs six sous,

C’est bien à toi de décider quand être heureux.

 

Et le mois de mars interminable c’est une vraie plaie,

Les giboulées t’enferment chez toi tous les dimanches,

On s’goinfre de bouffe et d’amertume d’vant nos télés,

Les yeux hagards, on s’robotise on se débranche.

 

Débarque enfin les jours fériés et le soleil,

On sort les mômes, et puis le chien et les glacières,

Absent depuis presque 4 mois on sniffe le ciel,

Comme des drogués en état de manque de cet air frais.

 

Un vrai spectacle de marionnettes ces jours fériés,

Tous des pantins les gens qui prennent le même chemin,

On fuit la foule, dans la voiture tous entassés,

Pour la r’trouver au bout de la route le lendemain.

 

On claque ses sous dans ces week-end souvent trop courts,

A toi l’ouvrier les heures sup’ pendant 10 jours,

T’aurai mieux fait d’garder tes sous pour boire un coup,

Sur ce balcon à crédit que tu paies chaque jour.

 

Et toi le peuple t’oublie trop vite d’où vient c’ repos,

D’la religion et tu t’en fiche ça se comprend,

Mais rappelle-toi de cette guerre y a si longtemps,

Qui a fait naître dans nos mémoires de vrais héros.

 

Pavane toi bien le cul à l’air sur cette plage,

En pensant à tous tes crédits et ta vie d’merde,

Tu ne vois rien du sacrifice et du courage,

Tu piétines même sans le savoir tous leurs cadavres.

 

Je te demande pas d’prier 3 jours en leur mémoire,

Mais pense à eux tard dans la nuit au moins une fois,

C’est grâce à eux la liberté d’faire ce qu’on veut,

A nous les risques pour avoir c’qui nous rend heureux.

 

Au milieu d’ça vient toutes les fêtes des pères et mères,

Comme une gloire aux géniteurs qui t’ont fabriqué,

Pas besoin d’date pour m’rappeler ceux qui m’ont aimé,

Mon cœur se façonne chaque jour grâce à leur chair.

 

Orphelin, encule cette journée tu as le droit,

Pas besoin d’un dimanche pour aller au cimetière,

Et toi l’parent qui ne fait rien d’autre que d’ baiser,

Tu crois vraiment que cette journée elle t’ai dédiée,

Donner la vie ne suffit pas à faire de toi,

Le père parfait dont le gamin sera si fier.

 

Allez voilà l’été et tous ses vacanciers,

Qui dépensent toutes leurs thunes en restos et boissons,

On sort tard dans la rue, on ne s’fait plus de mouron,

On vit au jour le jour en ayant le cœur léger.

 

On joue la comédie d’la famille bien unie,

Ben oui ça fait 6 mois que tout est réservé,

Et puis y a les gamins, faut pas les perturber,

Allez prend plein de photos et puis surtout souri.

 

Et puis y a la famille qu’tu vois une fois par an,

Et toutes ces questions connes sur toi et ton bonheur,

C’est vrai que sous la chaleur, on a l’esprit farceur,

Qui nous fait croire un temps qu’être bien est suffisant.

 

Et on rigole tout le temps parce qu’on bouillonne de vie,

Putain mais rappelle-toi y a à peine 6 mois,

Tu voulais la quitter et recommencer ta vie,

T’avais ta démission pendue au bout des doigts.

 

L’été les gens se complaisent dans leur vie imparfaite,

Des lâches qui s’emprisonnent dans leur bonheur fictif.

J’perds pas mon temps de vie à jouer la comédie,

Et même si c’est l’été et qu’on doit faire la fête,

Tu sais pour moi l’bonheur c’est le but de la vie,

Pas de répit ni de vacances, tu sais on a qu’une vie,

J’continue même l’été à m’battre pour l’essentiel,

Une famille bien unie même au cœur de l’hiver.

 

Tu sais l’14 juillet, y a toujours plein de lumières,

Le soir dans tous les bleds c’est la révolution,

Puis y a le défilé et tous ces militaires,

Comme si on préparait une extermination.

 

Encore un bel hommage à l’histoire de la France,

Vas-y peuple ignorant fait donc ta pénitence,

Toi qui salue tout haut ces flics et ces gendarmes,

Qui essuient tous les jours tes baffes et tes crachats.

 

Et puis c’est la rentrée et là tout s’accélère,

Faut habiller les gosses et les livres scolaires,

Faut reprendre sa vie de chien et retourner bosser,

Métro, boulot, dodo, assume ta sale lâcheté.

 

Même en rentrant de bonne heure, il fait déjà nuit,

Tu vois même pas tes mômes, ils sont déjà couchés,

Écoute la donc râler à peine les portes franchies,

Tu vois même pas d’répit dans ce putain de foyer.

 

C’est alors que vient Halloween et la Toussaint,

Quelle bizarrerie de craindre les morts tard dans la nuit,

Pour le lendemain allez fleurir tous ces lieux saints,

Pas l’même costume et pourtant la même comédie.

 

Faut s’déguiser pour réveiller tes plus grandes peurs,

Tu cherches l’ivresse pour exciter ta vie tranquille,

La ville se teinte d’une atmosphère presque mystique,

T’as l’corps shooté et l’esprit barge pour quelques heures.

 

Au matin, les pantins s’animent et filent tout droit,

Des fleurs et des bougies, tous sur le même chemin,

Quelle divine comédie pour soulager sa foi,

Quel intérêt franchement si t’y pense plus demain.

 

Va donc fleurir ces tombes, ta BA de l’année,

Tu sais les autres jours t’as aussi le droit d’y aller,

Si tu trouves pas le temps c’est qu’elle compte pas vraiment,

Joue pas l’parent éploré juste une fois par an.

 

Pourquoi tu mets des fleurs sur cette putain de tombe,

Moi je refuse d’aller sur celle qui est là-bas,

Elle a renié Mamie et pourrie son jeune âge,

C’est pas parce qu’on est mort qu’on mérite le pardon.

 

 

Donc arrêter d’agir comme de putains de moutons,

On fleuri pas les tombes des cons et assassins,

Pas de fleurs en plastique, ne fais pas ton radin,

Et reviens donc demain rendre hommage au tonton.

 

Pas de panique le fonctionnaire, 10 jours après,

Tu peux souffler, le 11 novembre est bien férié,

Pas pour le peuple travailleur, toujours présent,

Qui trime sans foi et sans rancœur pour ses enfants.

 

On célèbre à la capitale tous ces poilus,

Ces gosses des champs partis combattre pour notre France,

Sois pas radin le fonctionnaire, prie en silence,

Grâce à eux tu restes chez toi et touche ton dû.

 

Et le dernier mois de l’année c’est tout un cirque,

Faut vite dépenser cet argent durement gagné,

Pas de répit pour l’travailleur qui doit bosser,

Même le dimanche, jour de décuve de l’alcoolique.

 

Pressez-vous donc dans les rayons comme des moutons,

Cherche pas tu trouveras pas l’amour là en bouteille,

Ni le pardon aggloméré dans un carton,

Malgré ce qu’on dit, pas de miracle le jour d’Noël.

 

Et on r’commence ce sketch de la famille unie,

On sourit, on pardonne, on oublie ses débâcles,

Putain mais réveille-toi, regarde, on t’shoote l’esprit,

Et toi t’es l’acteur d’un pathétique spectacle.

 

Ce bonheur dure qu’un jour, demain faudra ramer,

En attendant tu fixes sur ces putains de photos,

Des sourires hypocrites, un bonheur bien voilé,

Tu vois même pas qu’ta vie c’est un putain d’écho.

 

Et ils se remplissent la panse tous ces gens bien élevés

Ils sont plein de manières, de cadeaux trop pensés,

Ils oublient que ce jour est fait pour tous s’aimer,

Et ne pas calculer l’argent qu’on a claqué.

 

Et demain comme un con tu r’tourne au magasin,

Pour échanger ce bien que tu ne voulais pas,

Tu piétine sans l’savoir le geste de ton cousin,

Qui te disait je t’aime autour d’un bon repas.

 

Et puis on s’organise pour la nouvelle année,

Faut faire une pure fiesta peu importe avec qui,

Faut juste s’bourrer la gueule et oublier le passé,

Et même pour un instant on pense plus à l’avenir.

 

Et puis tu recommence à faire plein de projet,

A changer de nana et perdre tous tes bourrelets,

Tu recherches le bonheur pour une fois dans l’année,

En cette nuit de folie, t’as l’esprit éveillé.

 

Et puis le jour se lève et le brouillard revient,

Tu reprends ta mallette, t’oublie d’être un gamin,

Tu t’enferme dans ta vie, on verra ça demain,

Après tout t’as l’année pour changer ton destin.

 

Les jours passent et tu vois plus rien ne changera,

Le temps créé des lâches qui râlent à chaque instant,

Qui croient aimer leur vie malgré les mauvais pas,

Qui ont peur de briser cette routine harassante.

 

Tu sais une vie heureuse ne te laisse aucun doute,

T’as un foyer rempli de gaieté et d’amour,

Jamais tu penses un jour d’envoyer tout valser,

Et puis si c’est le cas, putain réveille-toi,

Une vie ne suffit pas à aimer pour de vrai,

Alors perds pas ton temps à aimer la mauvaise,

Change de taf et assume, pour une fois pense à toi,

Ne finis pas ta vie à revivre en pensée,

Tous ces choix interdits que tu t’es imposé,

Rêver est magnifique mais rien n’est comparable,

A un baiser volé, une caresse oubliée,

Une explosion de joie et des mots dévoilés,

Faut vivre avec ses tripes pour que ce soit mémorable.

 

Alors pour cette année, achète-toi du courage,

Et quand tes yeux s’ront clos le grand jour du trépas,

Tu ne seras pas triste de partir aussi vite,

Tu partiras sans doute avec un vrai sourire

 

Car tu auras vécu tous ces rêves interdits.

Remonter le temps

Les mots sont des virus qui m’ont contaminé,

Pas de remède miracle pour guérir de ces maux,

Alors comme tous les soirs, je crache sur le papier,

Mes soucis, mes malheurs, mes joies et mes fardeaux.

 

Si j’remontais le temps, je f’rai les mêmes erreurs,

J’marcherais les deux pieds joints dans cette flaque de douleur,

Juste pour revivre un temps cet instant de bonheur,

Cette drogue qui me consume le cœur de l’intérieur.

 

J’assumerai tous mes choix, choisir c’est renoncer,

A cette vie trop banale, aux principes raisonnés,

J’veux du sable dans les ch’veux et un baiser volé,

J’veux l’éternelle folie de ces gens trop fêlés.

 

J’tomberai au même endroit, me suis toujours relevée,

J’recolle tous les morceaux, moi je sais bricoler,

Je suis jamais la même après une écorchure,

Je me retrouve toujours un p’tit peu plus tordue.

 

Bien sûr si je pouvais ramener à la vie,

Tous ces cons disparus qui m’ont rendu fragile,

J’te f’rais un demi-tour sans penser à demain,

Pour dans leurs dernières heures, les tenir par la main.

 

Tu sais j’connais par cœur les allées du cimetière,

L’emplacement de chacun sur ce plan mortuaire,

J’revivrai ébranlée ces journées de l’enfer,

Tu sais ça s’apprend pas, l’adieu d’un être cher.

 

J’retournerai vivre là-bas, tu sais chez les aïeux,

L’atmosphère de l’Espagne coule dans mes veines bleues,

L’insouciance de l’été vécue avec le frère,

Je suis d’venue addict de ces joies éphémères.

 

J’irai les yeux fermés aux fiestas familiales,

L’odeur de ces instants n’a rien de comparable,

Le temps n’existait plus, tu sais, pas comme ici,

Les tensions d’aujourd’hui émèchent ces souvenirs.

 

Je recroiserai la route de ce con bien trop fière,

J’lui dirai pas merci mais je le laisserai faire,

Le monde que je voyais, il a tout fissuré,

Je me suis renfermée car j’y voyais plus claire.

 

Je n’oserai toujours pas certains actes ni pensées,

Je suis née bien tarée mais me suis trop soignée,

La folie, les éclats on m’les a interdit,

Tant mieux j’l’aurai été avec des vrais tocards,

Aujourd’hui j’ai enfin trouvé tous ces gens-là,

Qui acceptent sans égard le tréfond de ma folie.

 

J’me retourne bien trop souvent, j’regarde trop en arrière,

La nostalgie putain, ça je n’peux rien y faire,

J’crois pas qu’la vie sera mieux que celle vécue hier,

Et ce bonheur passé fout l’cafard en hiver.

 

Mes pas m’ont amené là où j’n’espérais plus,

Pourtant au fil du temps, l’essentiel change de camp,

Et la ligne d’arrivée, putain, a disparu,

Derrière ce mur humain que j’croyais loin devant.

 

Mais j’l’ai touché du doigt cette putain de banderole,

On m’la arraché de force, tu sais, j’ai vacillé,

J’ai failli arrêter cette sale course effrénée,

J’avais mal en dedans, à en devenir folle.

 

J’ai relevé la tête, j’ai une blessure de plus,

Celle-ci ne guérit pas, c’est une plaie bien ouverte,

Elle suinte les soirs d’été et les nuits de pleine lune,

J’ai pas trouvé la colle pour combler cette perte.

 

J’le regarde bien d’en bas, ce mur enterré là,

J’ai plus vraiment la force de sauter par-dessus,

J’préfère m’appuyer d’ssus, regarder le passé,

Car c’est là que se trouve ma très chère odyssée,

Je veux pas perdre de vue, ces purs moments d’extase,

Tu sais j’suis pétrifiée, j’ai peur qu’ils reviennent plus.

 

Je préfère attendre une voix ou bien une main tendue,

Même si je veux que ce soit cette personne du passé,

Je tends quand même l’oreille, ben oui, on sait jamais

 

Peut-être qu’un jour ou l’autre, elle franchira le mur.

Une vie, un choix

Une odeur, un geste, un visage,

Une sensation au creux des reins,

Le vertige qui devient mirage,

Le bonheur remit à demain.

Mais demain sera p’t’être plus là,

La vie prend et jette c’est ainsi.

Regarde donc la mamie là-bas,

Aïeul divin de notre vie,

Que nenni son ancien boulot,

Disparues ses amies d’antan,

Il ne lui reste que ses enfants,

Pas toujours là, souvent absents.

Dans ces moments de dur labeur,

Où elle fait que compter les heures,

Que reste-t-il de son bonheur,

Si ce n’est lui dans son fauteuil,

Co-équipier même dans le deuil,

Sa main tu vois n’a pas changé,

Grande et calleuse comme dans l’passé,

Les sensations restent inchangées,

Quand jamais tu ne cesses d’aimer.

La vie à deux c’est l’aventure,

Le but de cette putain de vie.

Mamie me dit, surtout sois sure,

De vieillir avec un ami,

Un confident et un amant,

De rire aux éclats tout le temps,

D’aimer chaque soir le retrouver,

L’enlacer dans votre foyer.

Mamie me dit y a pas d’efforts,

Ça doit couler comme l’essentiel,

Pas d’importance le matériel,

Tu l’emport’ras pas dans la mort.

Tu sais dans tes dernières années,

Vous s’rez que deux à tout gérer,

Ne les gâche pas à t’engueuler,

A ruminer et à crier.

Mamie me dit gâche pas ta vie,

A épouser un imbécile,

Et si un jour tu veux partir,

Ma p’tite vas-y fais tes valises,

Laisse-le ce con et sa fierté,

Tu sais le bon il s’invente pas,

Il s’imposera dans ton sillage,

Et jamais tu penseras le quitter.

Quand je demande à la mamie,

Le résumé de toute sa vie,

Elle me répond toujours « c’est lui ».

Avant rien n’avait d’importance,

Juste une période, un avant-goût,

A cette folie qu’est l’amour fou,

L’essence de l’âme et de la vie.

Après lui… bah… quelle importance,

Quand on perd son ami de cœur,

Son amant fort, son protecteur,

La vie est dans l’dernier chapitre

Et tu survis grâce aux souvenirs.

Quand je la regarde la mamie,

Tenir la main du vieux papy,

Il se créé comme une alchimie.

Deux âmes en paix se sont trouvées,

Et après ces 60 années,

A s’aimer trop et à sourire,

Ils entament en étant serein,

 

Le chapitre avec le mot fin.

La maison de retraite

C’est une prison de béton mais personne ne l’sait,

Illusion de liberté, ouvre bien tes yeux,

La grille est verrouillée, mais oui regarde mieux,

Tes chaînes sont invisibles mais te créent une vraie plaie.

L’odeur te prend aux tripes quand tu franchis la porte,

Ici pas d’ambition, l’avenir c’est la mort,

Plus rien à espérer, une seule sortie possible,

Allongé les pieds d’vant et l’esprit enfin libre.

Y a les illuminés, au fond les plus chanceux,

Ils revivent en pensée ces instants si précieux,

Te racontent leur passé, s’imaginent en vacances,

Et toi tu hoches la tête, non dupe de leurs souffrances.

Puis y a les silencieux et leurs regards perdus,

Pas de mots ni de gestes, seulement des yeux vitreux,

Tu peux parler longtemps, leur vie a disparu,

Espérer un sourire au moment des adieux,

Mais le son de leur voix se perd dans le néant,

Et l’âme au fond des yeux s’éteint à pas très lents.

Fais gaffe aux amnésiques, à ces gens bien au fait,

Quand ils oublient le temps, ils veulent partir en paix,

Retrouver leur maison, s’enfuir à tout jamais,

Ils pleurent et ils s’énervent d’être coincés dans cette chaise,

T’as le cœur encombré de tous ces cris à l’aide.

Et puis y a ces pépés qui attendent le trépas,

Comme un ami très chère venu les délivrer,

Un jour et un soupir d’être encore prisonniers,

Ils s’agrippent à ton bras et te parlent d’un air las,

Que dire à ces vieilles âmes à la fin de leur vie,

Ni la joie ni l’espoir réveillent leurs cœurs durcis,

Ce qu’elles veulent tu le sais c’est un putain d’ suicide,

Et toi tu sors de là en ayant pris une gifle.

Enfin y a les alertes, ces gens bien dans leurs têtes,

Les infos, la télé, les potins du village,

Une vraie cour de récré, remplie de bavardage,

Et si le corps vieilli, le cœur est à la fête.

Mais ne t’attache pas trop, la faucheuse n’est pas loin,

Tu reviens le lendemain tu vois il en manque un,

Le sourire de la veille, tu sais si anodin,

Devient un souvenir de cette personne défunte.

En voilà un nouveau, ben oui le lit est vide,

L’image du disparu trône toujours à l’entrée,

Son nom sur le tableau déjà est effacé,

Son fauteuil tout bancal n’a même pas de répit,

Sa place à la cantine est déjà occupée,

Demain plus de photo juste un vase éméché,

Et on oublie déjà celui qu’il a été.

Un nom un numéro c’est bien tout ce qu’ tu es,

Une routine mortuaire, tu sais comme les fêlés,

Tu confonds les visages, les jours et les années,

Et même si t’avais l’code de c’tte foutue porte d’entrée,

Tu réalises même pas, sanglé dans ton fauteuil,

Qu’au-delà de ces murs, tu ne trouveras rien,

Car oui dans ton état, tu n’as pas fait le deuil,

De ta capacité à réfléchir serein.

Tu vois la vraie prison c’est pas ce bâtiment,

C’est ta foutue caboche qui contrôle ton présent,

 

Tes gestes et tes regards sans aucun sentiment.

Échec et Mat.

C’est un jeu qui m’a toujours intéressé

Mais dans lequel je n’ai jamais vraiment brillé

Je ne suis pas assez douée en stratégie

Je préfère l’authenticité et la folie

Pas celle des pervers des fous dangereux

Mais celle des passionnés des amoureux.

Eux, ils se font de plus en plus rares

De plus en plus de gens s’inventent des histoires

Dans lesquelles ils veulent avoir le premier rôle

Sur le devant de la scène avoir le contrôle.

Pour eux pas de figuration

Penser aux autres il n’en est pas question

Ils multiplient les techniques de manipulation

Les mensonges, les trahisons, les humiliations.

Comme ça toi tu perds le peu de confiance que tu as en toi

Et progressivement tu deviens leur proie

Ils t’utilisent te faisant croire que tu es leur amie

Ils te nuisent en fait ils t’euthanasient.

C’est bien la peine de bosser en psychiatrie

Tu les flaire même pas ces pathologies

Tu te méfies pas malgré les avertissements de ceux qui t’apprécient

Tu plonges tout droit dans le plus profond des puits.

Alors tu finis pas tomber en burn-out

Et le pire c’est qu’elle n’en a rien à foutre

Elle ne prend aucune de tes nouvelles

Elle savoure sa victoire et fait la belle.

Alors toi, tu n’as rien d’autres à faire que jouer aux échecs

Te battre pour ne pas perdre la partie malgré tes échecs

Tu n’es qu’un pion qui voudrait quitter le plateau

Te sauver de la prison de ton bourreau.

Tu tentes de te protéger, de ne pas capituler

De ne pas rentrer dans la case où elle veut t’enfermer.

Alors tu demandes de l’aide à la Tour

Elle semble solide mais ne pèse pas bien lourd

Tu fais appel au cavalier

Qui voudrait t’aider à t’échapper

Tu consultes le fou

Qui te conseille de tenter le tout pour le tout

Tu écoutes la reine

Qui te dit de rester sereine

Tu te réfugies vers ton roi

Qui sera toujours là pour toi…

Mais si tu veux vaincre et combattre

Il faut comprendre et construire ta défense

C’est toi seule qui peux te battre

C’est ni un jeu de hasard, ni une question de chance

Tu n’es pas victime, tu es coupable

D’être si naïve, d’être si minable

Pour t’en sortir faut chercher la raison

De tes symptômes de ta compulsion de répétition.

Savoir pourquoi tu n’arrives pas à te méfier

Tu accordes ta confiance tu donnes ta vulnérabilité

Il est temps de t’assumer de te libérer de ces liens pervers

Il est temps de croire que tu peux être heureuse sans conflit sans guerre.

Mais ne te perds surtout pas et reste toi

Continue à croire que l’Autre est un autre toi

Ne tombe jamais dans le vice de leur perversité

Tu es beaucoup plus riche quand tu sais donner.

Trop bon trop con là est le paradoxe

Difficile de se défendre quand on n’a pas fait de boxe

Mais la meilleure des armes c’est ta conscience

Et la fierté d’avoir toujours été dans la bienveillance.

Croire à l’Homme croire à l’Humain

Ils ne mordent pas tous dans ce monde de chiens

Croire au présent croire à demain

La partie n’est pas finie attends le tour prochain…

Journées d’octobre.

Ces vacances de la Toussaint

Sont sans aucun doute celles dont j’avais besoin.

Après avoir travaillé 43 heures en 4 jours

J’ai pu me reposer, me ressourcer et me remplir d’amour.

Aller à la vogue des marrons

Pour faire le plein de sensations

Allez on y va les garçons

On avance, on ne stagne pas, on vise l’horizon.

Aller au cinéma voir le nouveau Thor

Il veut quoi lui, vous faire croire qu’il est plus fort?

Les supers-héros c’est vous, n’ayez peur de rien

Croyez en vos idéaux, battez-vous, pour qu’il soit meilleur votre demain.

Et puis on a fêté Halloween

Une fête commerciale de plus, c’est la ruine

On vous a quand même déguisés, juste pour la frime

On a fini dans les vignes en soirée chez ma cousine.

Mais en fait, c’est pas une fête, on veille les morts

Alors forcément j’y pense, à raison ou à tord mais j’y pense encore

De toute façon j’y pense chaque jour et pas juste un 1er Novembre

J’ai pas besoin d’aller déposer des fleurs, dans l’urne y’a même plus de cendre.

Et puis ce jour-là, j’étais avec Cléa

Mon héroïne, ma demie-sœur, ma demie-Toi

Quand je la regarde parfois, j’ai l’impression que tu es là

Alors j’me demande ce qu’on serait devenu dans cette vie-là.

Sa mère vient la récupérer, elle arrive pour déjeuner

Avant qu’on parte chez la mienne qui nous a invité pour le goûter

Comme chaque fois qu’on y va, les petits sont excités

Parce qu’elle sait leur donner le même amour que celui qui nous a sauvé.

Jeudi, on fait du vélo, on pédale, on pédale

On anticipe, on observe pour éviter les obstacles

J’vous mets quand même un casque, on peut pas tout éviter

Y’a des épreuves qui nous font tomber, mais faut apprendre à se relever.

Le soir, ça part au match, bien couverts

Mais tu n’auras pas froid, Nino, tu es avec ton père

Et même si dans les gradins tu le trouves un peu vulgaire

Il ne lâchera pas ta main, il assure tes arrières.

En attendant, avec Emilio, on se fait un plateau télé

Lui regarde la vidéo, moi j’regarde comme il est beau, je suis envoûtée

Ça fait bizarre quand on réalise que c’est nous qui vous avons créés

Vous êtes notre plus belle réussite, notre plus grande fierté.

Vendredi à la ferme, on reprend le débat sur le chien

Papa dit non, maman peut-être, vous les têtus vous en voulez un

On trouve un compromis, quand on aura une maison avec un jardin

On fera tout pour c’est promis c’est pour ça qu’on se lève chaque matin.

Et oui, pas tous égaux, certains sont aidés par leur destin

Pour d’autres c’est la survie, faut se battre pour manger à sa faim

J’espère que vous ferez mieux que nous, que vous aurez plus de moyens

Quoique l’argent rend fou, je préfère que vous restiez l’esprit sain.

Ces congés, ça a aussi été des retrouvailles

Un rappel à la réalité, pour ne pas s’engouffrer dans les failles

Elle n’est pas toute droite la route, vous ferez des écarts sans savoir où ils vous mènent

Malgré vos doutes, l’important c’est de ne pas se perdre soi-même.

Je serai toujours là comme une boussole mes fistons

Je vous accompagnerai dans toutes vos directions

Et même si je suis parfois obligée de vous ramener à la raison

Je vous encouragerai toujours à vivre vos plus belles passions.

Au-delà des murs.

C’est un arrêt qui sonne comme une pause

Une évasion dans une vie un peu trop morose

Une résurrection après une putain d’overdose

Alors d’avance pardon mais je vais poster quelques proses.

Elles te feront peut-être mal mais les blessures ça peut guérir

Elles te sembleront banales, tu t’es habitué même au pire

De toute façon tu sais quoi du normal, tu sais pas réfléchir

Ça n’a rien de fatal, ça te permet de moins souffrir.

Mais moi j’y pense tout le temps à ces murs qui t’enferment

Alors de temps en temps je t’offre une bouffée d’oxygène

Je te fais partir en camps, je te libère de tes chaînes

Je t’offre un nouveau présent, je te monte une nouvelle scène.

Alors tu fais ton spectacle, tu joues le rôle de ta vie

Il n’y a plus vraiment d’obstacle, ici c’est le paradis

C’est troublant ton talent, écoute je t’applaudis

Ne pense plus à avant, regarde enfin tu vies.

Mais avant c’est demain, ça y’est c’est déjà fini

Je t’ai offert le paradis mais c’est pas là que tu vies

D’ailleurs je ne t’ai rien offert, tu payes un prix de journée

Ça ressemble plus à l’enfer ta réalité.

C’est pas de la relation, c’est de la prestation

Ça coûte du pognon de vivre dans une prison

Quelques activités pour donner l’illusion

D’être un peu occupé, d’avoir des émotions.

Les exprime pas trop fort, je ne les comprends pas vraiment

Parfois ça peut me faire peur, ça trouble mon comportement

Ça me rassure quand tu dors, je vais chercher ton traitement

Si tu as besoin je suis là, mais c’est ton « si besoin » que tu prends.

Allez endors toi vite, rêve et évade-toi

Surtout que presque tout de suite t’entendras « réveille-toi »

On t’imposera le rythme d’une partition brûlée

Y’a beaucoup trop de fausses notes, j’arrive même plus à jouer.

Je préfère jouer aux cartes avec mes collègues au soleil

J’avoue même pour nous, c’est quand même pas pareil

Je ne suis même pas fatiguée alors que la nuit je veille

C’est bon de travailler, c’est beau quand tu t’éveilles.

Allez, je veux y croire, on peut y arriver

A faire que ces vacances, ce soit tous les matins

Avec de l’espoir et de la volonté

Recréer cette ambiance dans ton quotidien.

J’y croirai jusqu’au bout, ça je peux te le promettre

Et si tu marches à genoux, je t’aiderai à te mettre debout

Mon salaire je m’en fous, je veux t’aider à être

J’bosserai pour pas un sou, si j’pouvais te faire renaître.

DECHIRURE

 

Rien que moi,

Je te souris et tu viens vers moi,

Tu me dis :  » on n’y va au combat »

Tout disparaîtra,

Dans ma suite, c’est la peur qui s’en va,

J’ai envie d’interdit quant tu es là,

Toi, viens par ici,

Je vais éteindre l’incendie,

Pour trouver le paradis,

je te dis: « regarde-moi »,

Toi ; si tu vis ; viens par ici,

dis-moi qui je suis ?

oui vas-y! Explique-moi pourquoi ?

Si tu crois que j’ai peur,

Fais comme si c’était pas moi,

Car je vais sortir mes ailes,

pour cracher ma haine.

 

Rien que pour moi,

Si tu cherches l’effroi,

Détrompe-toi,

les images de la veille,

Sont mes fantômes derrière-moi,

Emmène-moi loin de toi.

 

Rien que pour moi,

Pressions, rébellions, je suis riche d’émotions,

Je suis de celles qui sont capables de tout encaisser,

Même si mes larmes n’y pourront rien changer,

la mèche est allumée,

Le corps écorché,

je n’ai pas peur de tout quitter….

 

 

 

 

 

 

 

31 piges

Putain 31 piges de passées

Ça squatte encore en jogging et sweat capuché

Oh gros ! Il serait temps d’évoluer !

Bein ouais mais non mec parce que là tout ce que je veux c’est continuer

Continuer mon chemin,

Je sais pas si j’ai une bonne main

Mais j’mise tapis sans jamais faire confiance au divin

J’crache mon venin dans mes alexandrins

J’suis qu’un pèlerin qui chaque matin construit son lendemain

J’ai fait mes choix, j’ai fait mes croix

Choisis mes lois et tracé ma putain de voie

Alors ouais c’est vrai que c’est pas une avenue

Parfois même une petite rue exigüe

Mais c’est ma route, remplie de doutes

J’garde mes bagages en soute

J’continue à m’remplir au compte goutte

Et j’avancerai coûte que coûte

Y’en a que j’ai écouté

D’autres que j’ai laissé de côté

Ceux qui proches de moi sont restés

Sont ceux sur qui aujourd’hui j’peux compter

C’est quand tu te retrouves dans la merde

Que tu différencies les vrais des faux

Ceux qui savent trouver les verbes

Et les mots qui soignent tes maux

Pas besoin de faire le bilan,

La vie t’impose son poids au fil des ans

Je sais qu’les psy m’attendent sur leur divan

Mais j’préfère regarder le temps défiler sur mon cadran

J’peux pas dire que ma vie est construite

C’est juste le résultat de mes bonnes et de mes mauvaises conduites

Aucun regret, aucune fuite,

Tout ce que j’vis me construit pour la suite

Tout ce qui un jour te détruit t’oblige à rebondir

Parfois c’que t’aime le plus peut finalement te détruire

Je ne regarde plus derrière

Pas besoin de rétro pour surveiller mes arrières

Peut-être trop con, peut-être trop fier

J’garderai toujours mon esprit contestataire

Énervé depuis la naissance

J’ai toujours su gueuler avec aisance

Saouler, hurler, insulter la bien-pensance

Aujourd’hui j’inculque ma hargne à ma descendance…

Chapitre 1 – Kundera

La lecture audio ça inspire,

En écoutant On peut écrire.

 

« La légèreté de l’être »

Mais le léger est traitre

En ayant si peur d’aimer

Il passe son temps à consoler

 

Si égoïste pour son plaisir

Il profite de leur désir

Il a ajoute les conquêtes a sa liste

Mais à  sa f’nêtre a l’air triste

 

Devant cette femme innocente

Il choisi d’être bienveillant

La belle au bois dormant si élégante

Se fait piquer par le prince charmant

 

Il efface les contradictions

Il sait y faire pour un médecin

Devant tant de passion

On en oubli le mâle~sain

 

Il voit l’amour comme un fardeau

Seul un fardeau a de la valeur

A ses blessures elle tourne le dos

Mais elle choisi la pesanteur

 

Est-il heureux en libertin

Qd sans elle il n’est pas bien

Est elle heureuse sans soumission

Quand le coeur ne trouve plus sa raison.